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Que dalle, c’est pas rien !

Comment passer de ça

à ça

Dans  une autre vie, j’ai dû être récupérateur de n’importe quoi.

Le gaspillage me gave et j’aime donner une autre vie à des machins sans importance. En l’espèce j’ai récupéré des chutes diverses de dallages variés. En conséquence, je ne sais pas trop à quelle type de pierre je m’attaque.

En quelques séances, vous allez voir Continuer la lecture

Totem 0415 sans tabou

Découverte de la station verticale.

A mesure que j’avance dans une série de travaux, je me donne de nouveaux défis à résoudre. Après avoir repris la meuleuse en main, je me suis donné pour objectif de réaliser un sujet en position verticale. Le problème est simple. Le marbre a une densité d’environ 2,7 soit 2,7 tonnes le mètre-cube. Un bloc de 40x10x1,7 pèse environ 1,8 kg. Pour que mon sujet tienne verticalement, il faut qu’il s’équilibre sur une assise de 10×1,7 cm. La forme du bloc interdit les porte-à-faux, mais le centre de gravité est à 20cm au dessus de la base. En clair, au premier coup de vent ou au premier coup de main, le sujet va se retrouver à plat avec une probabilité supérieure à 1/2 de se fragmenter.

Avant de résoudre ce petit problème, je vais rapidement vous passer le film de la réalisation de Totem 0415

Totem 04-15 Totem 04-15 Totem 04-15 Totem 04-15

La conception s’oriente dès le départ  vers une position verticale. De gauche à droite vous avez le dessin initial sur canson, le même découpé et détouré en conservant les points d’ancrage (les triangles à mi-hauteur et en haut) et le traçage sur le recto et le verso. Travail somme toute basique donc pas de commentaires particuliers. A partir de là, je dégage à la meuleuse les morceaux qui peuvent l’être sans mettre la pièce en risque. Et ça va très vite.

Totem 04-15 Totem 04-15

Le découpage extérieur terminé, je creuse l’arc de cercle pour générer une zone de transparence et j’abaisse les plans qui encadrent les blocs carrés du haut et du bas pour les rendre le plus saillant possible. Ca devient un travail presqu’exclusivement manuel. Avec le Dremel, les meules s’usent très vite et le moindre dérapage peut faire des marques sur les plans que je veux conserver. La recette est donc simple : huile de coude, patience et des petits rifloirs avec lesquels je gratte, je gratte et je gratte jusqu’à obtenir les formes voulues. Sur la partie en arc de cercle du haut là, c’est Dremel sans souci….

Ensuite j’efface les marques de traçage (visibles sur les deux photos ci-dessus), et j’attaque le ponçage pour faire disparaitre les marques de rifloir et bien nettoyer tous les fonds. C’est long mais c’est nécessaire. Là j’ai fait six passes de ponçage passant du grain 120 au grain 800. Ensuite un double polissage vient terminer toutes les surfaces. La difficulté est de passer dans les découpes pour bien lustrer les parties les plus profondes.

Et maintenant résolvons le problème de départ : la station verticale.

Dans mon stock de pierres, je me suis constitué un assortiment de blocs de 10×10 15X10, récupérés chez un distributeurs de carrelages et . Selon les dimensions c’étaient soit des échantillons, soit des chutes de coupes. Tous ces blocs ont une surface superbement polie et au moins trois tranches rectilignes. Un petit coup de ponçage des tranches (3 passes 120-180-240) et un polissage pour le principe et je dispose de socles sympas.

Un socle + Totem 0415 + une idée à la con = une galère. 

La première idée qui me vient est de creuser ce socle sur deux centimètres de profondeur pour y encastrer mon sujet. Après quelques heures de lutte sur un bloc de 15×10, et avoir bouffé quelques meules sur une grosse perceuse, j’en arrive au constat que ça ne fera rien de propre, vu que je ne suis pas outillé pour travailler ce qui doit être un granit. Déduction faite en calculant la densité de la bête qui avoisine les 3,6. (Rappel le marbre est à 2,7 et l’eau à 1)

En fouillant mon stock, je trouve un joli bloc de 10x10x3 d’une densité proche de 4 ( ± 1,2 kg pour 300 cm3 ). Mais pas question de percer le socle et le sujet (risque d’éclatement) pour passer une tige de montage. Il reste une seule solution : le collage à la colle cyanoacrylate.

Hop une fine couche de colle sur le socle, une autre sous le sujet. Je laisse polymériser quelques instants et j’assemble délicatement les deux morceaux sachant que la prise va être instantanée et définitive. Après quelques minutes, j’attrape le sujet par le haut et le socle reste bien collé. Nickel, c’est résolu … et c’est pas laid. Mais je vous laisse juges.

Totem 04-15 Totem 04-15 Totem 04-15

A droite la vue de profil permet de voir que j’ai changé d’avis sur le fond en arc de cercle. J’ai décidé de le percer en partie pour créer une petite fenêtre qu’on ne voit pas dans les vues de gauche et du milieu.

Prochain challenge : Aller plus loin avec le marbre et la colle…. A suivre.

Rappel Cliquez sur les photos pour les voir en (très) gros plan.

Indianité 03-15 et Serpent 03-15

Histoire de deux fragments de marbre

Indianité 03-15

Après mon coup d’ognette malheureux, mais entièrement de ma faute, je me suis remis à travailler séparément mes deux fragments.

Par rapport au dessin initial, il était facile (?!) de sortir Indianité 03-15, puisque les principaux éléments et l’appui étaient déjà en place. Aussi en quelques images voici comment le travail a avancé.

Indianité 03-15 Indianité 03-15

A gauche le gabarit issu des travaux précédents, à droite le traçage sur le marbre. Les trois lignes verticales servent de repères pour un bon alignement du gabarit sur les deux faces. On voit nettement la ligne de cassure en haut.

Indianité 03-15 Indianité 03-15

A gauche, il y a une interprétation assez libre du dessin reporté. Les rainures internes suivent l’esprit du dessin, mais l’idée la rainure supérieure avec le trou traversant est venue après. A droite, on voit que la rainure supérieure est décalée par rapport à celle de l’autre face.

Cogitations

Les écarts entre le dessin initial et le travail fini sont la conséquence de l’exploitation d’une propriété fascinante de ce marbre.

Ce marbre de Carrare d’un blanc laiteux, contient des veines grises plus ou moins marquées. Et il est translucide quand il est en faible épaisseur. Le jeu consiste donc à travailler le sujet en profondeur pour produire des effets de transparence / opalescence.

La photo ci-conte montre l’effet produit par la lumière d’une petite torche à LED placée de l’autre côté d’Indianité 03-15

 

Indianité 03-15

 Serpent 03-15

Là je vais être bref. Compte tenu de ma rage après la casse, je n’ai pas fait de photos pendant la réalisation de Serpent 03-15. Je n’ai pris des clichés qu’une fois le sauvetage réalisé.

Serpent 03-15 Serpent 03-15

Sur les deux clichés ci-dessus on voit les veines grises du marbre ainsi que les travaux en creux réalisés sur les deux faces. La transparence joue aussi bien avec la rainure centrale (à droite) qu’avec les creux circulaires (à gauche et à droite) et les échancrures . La lumière se perçoit à travers des épaisseurs pouvant atteindre jusqu’à sept mm. Bien entendu plus la lumière est puissante plus l’épaisseur de matière traversée est importante.

Il me reste à trouver un moyen de faire de bons clichés de ce rétro éclairage.

Serpent 03-15

Et un, et deux, ou t’es zéro !!

C‘est l’histoire d’un coup de burin mal placé.

Votre serviteur commence à travailler une plaque de marbre de 40 cm de long. Après avoir conçu un dessin sympa, l’avoir découpé sur un carton pour servir de gabarit et l’avoir reporté sur la pierre, la taille

Le marbre de départ (ici un 30x10x1,7).
Un marbre
Le gabarit initial. Serpent 03-15

Après avoir attaqué quelques découpes au Dremel, à la scie manuelle, je décide de finir le dégrossissage d’une partie difficile d’accès avec un ciseau de 8mm (une ognette) et ma massette.

Au lieu de respecter la règle « Toujours viser vers l’extérieur » , je pointe mon ognette vers le coeur de la pierre. La suite est évidente : un coup de massette plus tard, je deviens l’heureux détenteur de deux morceaux de marbre et d’un nouveau problème : comment retomber sur ses pieds ?

Indianité 03-15 Indianité 03-15

Heureusement mon bloc a des faces planes (il s’agit de chutes de plinthes) et il est donc possible de retrouver des points d’appui pour chacun des deux morceaux. La partie basse du gabarit original devait servir de socle à un totem vertical. Je le réexploite (photo de droite) en faisant un petit sujet (18cm de haut) Indianité 03-15. Quant au morceau du haut, je vais le reprendre pour en faire un sujet horizontal  (24 cm) Serpent 03-15.

Indianité 03-15Indianité 03-15 Serpent 03-15Serpent 03-15

Si vous avez suivi, vous avez conclu qu’avec un bloc de 40 cm j’arrive à faire une pièce de 18 cm et une de 24 cm soit un total de 42 cm !!! Pas de miracle, ma cassure était en biais….

Dans d’autres articles, je vous donne le making-of de chacun de ces deux sujets.

D’autres créations sur une base poly.

Comme j’utilise des vieux stocks de fourniture, je suis obligé de préparer une bonne quantité de blocs de polyuréthane en une seule fois. Ca s’apparente parfois à du travail en série. Cela permet de tester quelques variantes de travail en parallèle et de juger les pratiques que je sens le mieux.

Bref, vous allez trouver une petite série de travaux sur le même principe.

Deux formes travaillées simultanément

3 vues de la première forme

MP004_E01_1MP004_E01_2 MP004_E01_3

 

 

 

 

suivies de 2 vues de la seconde
MP003_E01_2MP003_E01_1

 

 

 

Et le résultat final en deux vues

MP003 et MP004 Final_1

 

 

MP003 et MP004 Final_2

 

 

 

 

 

 

 

 

Deux totems mono-face travaillés ensemble

Même technique que précédemment. La différence c’est qu’avec un bloc de mousse, on obtient deux totems.

TOT001 et TOT002 E01TOT001_E01

 

avec ce résultat final. TOT001 et TOT002 Final

 

 

 

 

(Cliquez sur les vignettes pour agrandir)

 

 

Prochaines pistes de travail

  1. varier les formes pour pousser vers l’abstraction
  2. regarder les travaux de Arp
  3. se documenter sur les monuments aux morts de Yougoslavie (Tito était partisan d’abstractions pour éviter d’exalter telle ou telle communauté de l’ex-yougoslavie)
  4. élargir la palette de couleurs.